Premier des potentiels futurs candidats à la prochaine élection présidentielle à faire une nouvelle offre politique aux Sénégalais, le Programme alternatif suxxali Senegaal ou Pass, Malick Gakou croit en son étoile en février 2019. Déjà, tout en participant aux manifestations de l’opposition contre le pouvoir, le Président du Grand parti a investi le terrain pour vendre son projet de société qui repose, selon lui, sur «un nouveau modèle économique portant sur le développement humain et le renforcement des bases de notre démocratie, de nos institutions et de notre organisation sociale». Le Soleil, qui a voulu en savoir plus sur Malick Gakou et le Pass, a ouvert ses colonnes à l’ex-sherpa du Président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse. Un entretien au cours duquel il a martelé ses convictions tout en allant en profondeur sur nombre de sujet sur le pourquoi du Grand parti, sa démission du Gouvernement, l’état du pouvoir et de l’opposition, la Présidentielle de 2019 etc.

Comment se porte le Grand parti ?
Le parti se porte très bien. Le bon fonctionnement d’un parti s’apprécie par le travail d’animation, de réflexion et de massification qui y est mené. Et à ce propos, nous avons toutes les raisons d’être satisfaits de la marche du Grand parti. Nos instances se réunissent régulièrement, en particulier le Secrétariat exécutif qui se penche sur toutes les questions liées à la situation du pays et qui rend compte à chaque fois du résultat de nos réflexions. Il en est ainsi des femmes, de la jeunesse du parti et des cadres. Ils tiennent tous de manière périodique leurs activités. En plus du fonctionnement régulier de ses instances, le Grand parti est aussi aux avant-postes de tous les combats que mène l’opposition contre l’injustice comme on l’a vu dans le dossier Khalifa Sall, pour la défense des libertés et le renforcement de notre démocratie. En ce qui me concerne, j’ai fini de faire le tour du pays et la Diaspora depuis plusieurs mois pour parachever l’implantation et la massification du parti. Des tournées qui ont déjà repris depuis ce samedi 12 mai 2018 avec le lancement officiel de ma précampagne à Mbour. Je profite de l’occasion pour remercier les populations de Mbour pour leur engagement et leur mobilisation à mes côtés pour le triomphe des valeurs et de la République. Le Grand parti fonctionne comme il se doit et se prépare activement pour l’échéance qui nous attend en 2019.

Le Grand parti est né suite à un désaccord avec la Direction de votre ancienne formation politique, l’Alliance des forces de progrès (Afp). Cette rupture vous a-t-elle fait oublier les progressistes ?
Cette page est définitivement tournée depuis qu’on nous a exclus de ce parti et encore plus depuis la création du Grand parti. Mes camarades et moi n’avons pas pour habitude de regarder derrière nous. Mais, personne ne peut revendiquer ou incarner mieux que nous le progrès. Rien n’a pu nous détourner de la voie que nous nous étions choisie depuis le fameux appel du 16 juin, ni les honneurs ni les privilèges liés au pouvoir. Quand nous avons compris que notre alliance au sein de Benno Bokk Yaakar allait nous détourner de cette voie, j’ai préféré démissionner du Gouvernement pour garder ma liberté et mes convictions profondes.

Cela dit, je garde encore des amitiés au sein de cette formation que je ne renierai jamais. Car, pour moi, les divergences politiques qu’on peut avoir, aussi profondes soient-elles, n’ont rien à voir avec les relations humaines qui doivent les transcender.

Votre parti a récemment enregistré des défections. Comment expliquez-vous ces départs ?
Ces départs que vous mentionnez n’ont guère affecté la marche du parti. On n’a pas encore vu des militants à la base quitter le Grand parti. C’est cela qui aurait été inquiétant. Mais le fait que quelques individus décident, pour des intérêts strictement personnels, de répondre aux sirènes du pouvoir, n’a rien de grave pour le parti. Ils sont tout à fait libres de le faire et il vaut mieux d’ailleurs que notre parti se débarrasse de cette race de politiciens. Car, en définitive, ce qui est le plus important, ce sont tous ces responsables et militants pétris de valeurs et convaincus par l’idéal que nous poursuivons et qui restent attachés au Grand parti pour une conquête démocratique du pouvoir afin d’abréger les souffrances des Sénégalais.

Vous avez lancé le 11 avril dernier, le Programme Aternatif Suxxali Senegaal (Pass). Quels sont ses contours ?
Les défis du Programme alternatif suxxali Senegaal s’articulent autour de la construction d’un nouveau modèle économique portant sur le développement humain et le renforcement des bases de notre démocratie, de nos institutions et de notre organisation sociale. Le projet de société que nous proposons au peuple sénégalais affirme la priorité au respect des droits fondamentaux du citoyen que sont les droits à une vie conforme à la dignité humaine, au travail, à une sécurité sociale, à la santé, au logement, à la sécurité, à l’épanouissement culturel et social, à l’enseignement et à un environnement sain. Les contours du Sénégal de demain que nous allons bâtir porteront les marques d’un Etat moderne qui réalise des progrès indéniables dans les domaines de la connectivité, de la mobilité, de la souveraineté alimentaire, de l’industrialisation, de la sécurité, de la santé, de l’emploi, de la culture et des sports. Notre objectif ultime est de transformer notre pays en un havre de paix, de cohésion sociale et de bien-être.

En quoi le Pass est-il innovant ?
L’innovation réside dans le fait que le Pass va mettre l’homo-senegalensis au cœur de notre action politique. C’est dans ce sens que pour les femmes qui s’activent sans relâche afin de maintenir les maisons à flot, le Pass prévoit la création de la Banque des Femmes dotée d’un Fonds de 100 milliards de Fcfa leur ouvrant un accès plus facile au crédit et au financement de leurs activités productrices de revenus avec 0% d’intérêt.

En plus, dans le souci de régler le problème de l’état civil au Sénégal, nous prévoyons d’instituer une prime de 25.000 FCfa à la naissance de chaque enfant. Il y a aussi la réduction des prix des denrées de première nécessité, l’amélioration du système de Bourses Familiales avec une extension des bénéficiaires avec l’institution du « Revenu citoyen d’insertion sociale » d’un montant initial annuel de 120 0000 Fcfa, destiné à appuyer l’auto-entreprenariat pour les Jeunes âgés de 18 à 30 ans. Ce Revenu citoyen d’insertion sociale dont je parlais tant tôt prendra progressivement le relais des Bourses familiales : l’objectif sera d’accompagner chaque Sénégalais qui le désire, dans la création d’une activité génératrice de revenus. Sans oublier le relèvement de la bourse à 50.000 FCfa pour améliorer les conditions de vie des Etudiants.

Le Pass prévoit aussi la transition vers un Revenu minimum universel distribué dès la naissance, progressif avec l’âge, avec suppression pure et simple des allocations familiales, le lancement d’un vaste programme de construction de logements sociaux destiné à réduire la pression sur les agglomérations de Dakar, Pikine, Guédiawaye, Yembeul et Keur Massar en particulier.

Où allez-vous trouver ces fonds ?
En faisant bénéficier à notre pays les retombées d’une croissance inclusive portée par le secteur privé national. De même une exploitation judicieuse de nos ressources naturelles au bénéfice exclusif du peuple sénégalais devrait permettre à notre pays d’assurer ses bases de création de richesses et de revenus à même de soutenir de manière durable la croissance économique. La réduction du train de vie de l’Etat et la moralisation de la vie publique sont les deux mamelles de notre stratégie de modernisation de l’Etat. En faisant en sorte qu’il y ait un gouvernement de 25 ministres au plus ; la suppression de toutes les Agences et leur refonte dans les ministères ; une Assemblée nationale de 100 députés ; la suppression du Hcct et du Cese; la limitation des mandats électifs ; le non cumul des mandats ; le règlement relatif au financement des partis politiques et j’en passe.

Vous insistez sur des secteurs comme l’agriculture et la santé qui occupent déjà une place importante dans le Pse. Quel plus comptez-vous apporter ?
Au Grand parti, nous sommes d’avis que le Sénégal ne peut se développer sans nos paysans qui agonisent sous le poids du Pse. C’est pourquoi nous allons avec le Pass procéder au lancement d’un vaste Programme national d’intensification de la production alimentaire avec plusieurs composantes : agricole, fruitière, horticole, pastorale et sylvicole. La politique agricole visera à instaurer une véritable agriculture moderne et inclusive et reposera sur l’expérience des domaines et fermes agricoles communautaires. Les deux premières années du Pass seront marquées par la mise en œuvre de fortes politiques destinées à l’assainissement de la filière arachidière avec : l’augmentation de la subvention des semences et des engrais, la garantie du prix d’achat aux paysans, la protection de l’industrie de trituration de l’arachide avec, au besoin, la mise en place de barrières à l’importation d’huiles raffinées, la formalisation d’une relation commerciale forte entre les unités de trituration artisanale et la grande industrie de l’huilerie. Pour ce qui est de la Santé, nous prévoyons la couverture sanitaire sur tout le territoire national en affectant une part minimale de 15% du budget national aux soins de santé comme le recommande l’Oms. Le système de la Couverture maladie universelle fera l’objet d’une évaluation afin d’améliorer son mode opératoire et d’élargir le nombre de bénéficiaires qui sera de 0 à 12 ans entre autres.

Qu’en est-il du secteur industriel ?
De la même manière, notre politique industrielle mettra l’accent sur la transformation et la valorisation des matières premières et l’amélioration de la productivité des entreprises. Des mesures fortes seront prises à cet effet comme l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme national de normalisation avec comme actions spécifiques la labellisation des produits locaux et le contrôle de conformité de la qualité aux normes internationales ; la promotion et la réhabilitation des sites industriels entre autres. Ces mesures seront confortées par une baisse de la fiscalité avec une réduction de l’impôt sur les sociétés qui sera favorable pour un accroissement de la productivité, de l’innovation et de la compétitivité de l’entreprise industrielle. Une Cellule nationale de veille commerciale et stratégique sera mise en place pour assurer la surveillance des sources d’approvisionnement, identifier les pratiques de dumping et engager les ripostes graduées permises par l’Omc afin d’assurer la protection de l’entreprise industrielle nationale.

Voulez-vous dire que le Plan Sénégal émergent (Pse) ne peut pas atteindre les ambitions fixées par le Gouvernement ?
Bien sûr que non. La meilleure manière de jauger un programme économique, c’est d’en mesurer ses résultats à travers l’Indice du développement humain des populations (Idh). A ce niveau, tous les indicateurs sociaux montrent à suffisance une nette accélération de la pauvreté et de la précarité au niveau de la majorité des populations. Personne ne peut développer le Sénégal à la place des Sénégalais et cela les théoriciens du Pse l’ont oublié. C’est pourquoi d’ailleurs l’essence même du Pse est portée par le capital étranger.

Vous avez été ministre dans le Gouvernement. Quelle est votre part de responsabilité dans le bilan de Macky Sall ?
D’abord, ma présence dans le Gouvernement a été relativement de courte durée. Car dès que je me suis aperçu que je ne partageais pas les orientations du Gouvernement, j’ai très vite rendu ma démission. Vous comprendrez sans doute que je ne puisse pas m’épancher sur ces désaccords. Seulement, au ministère des Sports que j’ai occupé dans un premier temps, l’ambition affichée par le Président Macky Sall était de porter le budget de 0,4 à 1% du budget national. Ce qui ne s’est jamais fait. Au ministère du Commerce aussi, il y a eu de profonds malentendus. D’où ma démission du Gouvernement. Je n’ai donc rien à revendiquer dans le bilan de l’actuel régime. C’est aux Sénégalais de l’apprécier après six ans de magistère du Président Macky Sall.

Avant d’appliquer le Pass, il faut au préalable gagner la Présidentielle. Un défi immense pour vous ?
Ce défi a beau être immense, nous avons la conviction que nous allons le relever. Car les Sénégalais sont fatigués et ne demandent qu’un programme alternatif pour les sortir de leurs difficultés quotidiennes. Ce que leur offre justement le Pass. Les Sénégalais fondent assurément beaucoup d’espoir sur notre action comme ils nous l’ont prouvé par leur accueil lors de notre tournée nationale. Il suffit maintenant de vulgariser partout le Pass pour être sûr que notre offre politique sera plébiscitée en février 2019. Ma conviction est que je battrai Macky Sall en 2019 grâce à ce programme alternatif que nous proposons aux Sénégalais.

Il faut aussi réunir des signatures pour le parrainage…
Je ne pense pas qu’on puisse parler d’ores et déjà de signatures à recueillir. On n’en est pas encore là. La loi a été certes votée à l’Assemblée nationale, mais dans les conditions que l’on sait et avec le rejet d’une bonne partie des Sénégalais comme en témoignent les manifestations enregistrées partout dans le pays le jour du vote. Je ne désespère pas donc que le Président Macky Sall aura la sagesse de ne pas la promulguer afin que nous puissions aller à la prochaine Présidentielle dans la sérénité.

Partagez-vous l’opinion de ceux qui pensent que le parrainage est une aubaine pour les grands partis ?
Non ! Le parrainage n’est une aubaine pour personne. Il est sûr que sa mise en œuvre posera d’énormes problèmes. Je me demande même comment on pourra authentifier autant de signatures dans un pays où nombre d’électeurs ne savent pas signer. Le parrainage n’est rien d’autre qu’une manœuvre de plus de la part du Président Macky Sall pour choisir lui-même ses adversaires. Il a voulu en éliminer certains en instrumentalisant la justice. Maintenant, c’est avec le parrainage qu’il veut finir le travail. S’il n’était mû que par le souci de rationnaliser les candidatures pour alléger le coût des élections, pourquoi est-il si hostile à l’institution d’un bulletin unique qui réglerait davantage cette question du coût tout en étant une garantie de transparence.

Vous avez participé aux Législatives sous la bannière de Mankoo taxawu Sénégal. Irez-vous à la présidentielle sous la même bannière ?
On n’en est pas encore à la question des alliances en direction de la Présidentielle. Le moment venu, on avisera. Mais, de toutes les façons, la coalition avait été mise en place dans le cadre des Législatives qui ne sont pas de la même nature que la Présidentielle. Mais, ce qui est sûr, c’est que même si nous n’irons pas à la Présidentielle sous cette bannière, nous nous entendrons entre acteurs pour discuter et arrêter la stratégie qui nous paraît la meilleure pour aller à cette échéance.

La tête de liste de cette coalition, Khalifa Sall a été condamné à cinq ans de prison. Cette condamnation amenuise sa chance de participer à la présidentielle. Positionnez-vous en plan B ?
Je ne peux être un plan B. Je ne suis le plan B de personne ! Comment pouvez-vous penser que je puisse me positionner en plan B ? Khalifa Sall est mon grand-frère. Nous avons le même Adn socialiste. Nous étions des alliés dans Mankoo Taxawu Senegaal. En ce qui concerne maintenant la Présidentielle de 2019, chacun d’entre nous définira, en relation avec ses propres convictions, sa trajectoire. Mon plus grand souhait est qu’il sorte de prison le plus rapidement possible pour servir son pays. Du reste, ma candidature est irréversible conformément aux décisions des instances du Grand Parti et elle est devenue la candidature voulue et souhaitée par les Sénégalais pour le redressement de notre pays.

Votre candidature est-elle suspendue à la décision finale qui sera prise la justice sur le dossier du maire de Dakar ?
Encore une fois, ma candidature n’est pas en relation avec la situation que traverse l’honorable député-maire Khalifa Ababacar Sall pour qui je me bats de toutes mes forces pour obtenir la libération.

Pensez-vous pouvoir compter sur l’électorat du maire de Dakar ?
Chaque candidat à son électorat potentiel et je pense avoir la confiance de la majorité des Sénégalais pour gagner haut la main la Présidentielle de 2019. Je cherche à gagner la confiance du maximum de Sénégalais pour sortir vainqueur de la prochaine Présidentielle et mettre en œuvre le Pass qui, j’en suis sûr, pourra nous permettre de sortir notre pays des difficultés qu’il connaît.

Un haut responsable socialiste a récemment lancé un appel pour des retrouvailles de la famille socialiste. Vous sentez-vous concerné?
Ma conviction est qu’il doit y avoir absolument une alternative socialiste en 2019. Sous ce registre, je suis bien évidemment favorable à tout ce qui peut renforcer la famille socialiste et rendre possible cette alternative.

Vous êtes le premier parmi les candidats qui iront à la Présidentielle à avoir présenté votre programme. Pourquoi ce choix ?
C’est parce que nous avons pensé qu’il était grand temps que nous parlions de ce qui est vraiment essentiel, c’est-à-dire le projet de société que nous proposons aux Sénégalais. D’autant que nous sommes à moins d’un an de l’échéance. Ensuite, il nous a paru utile de le partager avec l’ensemble des Sénégalais pour qu’ils se l’approprient. C’est d’ailleurs ce travail que nous poursuivrons tous les jours jusqu’en février 2019.

Votre démarche ne met-elle pas un frein à une éventuelle candidature unique de l’opposition ?
Mais non ! Notre démarche est celle que doit avoir tout candidat à une élection présidentielle. Elle n’a rien à voir avec une candidature unique ou non de l’opposition. Il se trouve aussi que nous comptons partager le Pass avec l’ensemble des composantes du pays, y compris les partis d’opposition qui travaillent à une alternative pour 2019. Et si nous arrivons à une convergence de vues autour du Pass, nous pourrons bien évidemment envisager de mutualiser nos forces pour y parvenir.

Pensez-vous qu’avec plusieurs candidatures, l’opposition pourrait faire face à Macky Sall ?
Je pense personnellement que la pluralité des candidatures est la meilleure formule pour l’opposition en 2019. C’est d’ailleurs ce qui a permis les deux alternances que nous avons eues en 2000 et en 2012. Il n’y a jamais eu de candidature unique de l’opposition, et il n’y en aura jamais ? Cela dit, nous devons nous entendre et passer un pacte qui consiste à ce que le candidat le mieux placé ait systématiquement le soutien du reste de l’opposition. C’est exactement ce qui s’était produit en 2012. Alors, pourquoi ne devrions-nous pas le reproduire en 2019 ?

Tout en déroulant vos activités, vous avez décidé d’adhérer au Front national de résistance. Qu’est ce qui explique cette stratégie ?
C’est parce que le Grand parti est partie prenante à toute organisation qui travaille au renforcement de notre système démocratique, à la préservation des libertés publiques et à la transparence du processus électoral et du scrutin en lui-même. A ce titre, il est tout à fait logique que le Grand Parti intègre ce front pour arrêter les dérives de l’actuel régime.

Lors des Législatives vous avez perdu dans votre fief à Guédiawaye. Cela ne vous affaiblit-il pas ?
Pas du tout ! Nous étions dans le cadre de Législatives qui n’ont rien à voir avec une Présidentielle. Et ma conviction est que Guédiawaye et plus largement la banlieue soutiendra très largement ma candidature à la prochaine présidentielle. C’est en tout cas, le ressenti que j’ai en parcourant tous les jours Guédiawaye et ses environs. Il y a comme un sentiment de fierté dans toute la banlieue de voir un de ses fils aspirer à la magistrature suprême. Et cela se traduira forcément dans les urnes en février prochain. Cela dit, les dernières Législatives ne peuvent même pas constituer un bon baromètre, vu les conditions dans lesquelles elles ont eu lieu.

Le département de Guédiawaye est-il toujours une base affective pour vous ?
Plus que jamais ! Et la preuve en sera donnée en 2019. Ma candidature est d’abord celle de Guédiawaye et la banlieue. C’est ainsi que le perçoivent en tout cas les populations et je ne doute pas qu’elles le démontreront le moment venu.

Pourquoi avoir mis en place la Fondation Maternité Solidaire ?
Voilà justement une initiative qui participe de l’économie solidaire que vise le Pass. La perception que j’ai de la politique est que notre action doit contribuer de manière effective au bien-être de nos populations. Et c’est pour cette raison que bien avant qu’on envisage même notre candidature à la Présidentielle et avant l’élaboration du Pass, nous avons pensé avec des amis de divers horizons contribuer à juguler la mortalité maternelle, néo-natale et infanto-juvénile qui fait des ravages dans notre pays. Il s’y ajoute que j’en ai été moi-même victime pour n’avoir pas connu ma mère qui a perdu la vie en me mettant au monde. Vous comprendrez dès lors mon engagement pour cette cause ainsi que les actions que mène depuis sa création la Fondation pour venir à bout de ce fléau. Enfin, nous ne devons pas attendre en tant que politiques d’être aux affaires pour servir notre peuple.

Le Sénégal va jouer le mondial Russie 2018. En tant que produit des mouvements associatifs, Vice-président de la Fédération sénégalaise de football et ancien ministre des Sports, quelles sont les chances du Sénégal ?
Nos chances sont réelles. D’autant que nos Lions ont conscience de ce qui les attend au Mondial et de l’immense espoir que le peuple fonde sur leurs performances. Il faut juste qu’ils sentent tout le peuple derrière eux, comme ce fut le cas en 2002, pour réussir leur Mondial. J’exhorte ainsi tout le peuple sénégalais à faire corps avec eux pour que nous réussissions ce pari.

En ce qui me concerne, ils ont tout mon soutien. Les joueurs et leur entraîneur Aliou Cissé ainsi que leur staff le savent d’ailleurs puisque j’ai eu l’occasion de le leur manifester à plusieurs reprises.

On dit de vous le Sénégalais le plus Polonais parmi les Sénégalais. Que pensez-vous du match Sénégal – Pologne ? Qui supporterez-vous ?
Je ne sais pas si je suis le plus Polonais parmi les Sénégalais, cependant, je revendique une proximité absolue avec la Pologne où j’ai passé une partie de ma verte jeunesse. D’ailleurs, je remercie la Pologne et le peuple polonais pour avoir largement contribué à ma formation d’homme et d’économiste. J’ai vécu en Pologne pendant huit ans, auréolé de mon Master en Commerce international, mon Doctorat en Sciences économiques et ma spécialisation en politiques de développement. Je salue d’ailleurs l’excellence des relations entre les deux pays et je souhaite profondément leur élargissement et leur renforcement. A cet égard, les potentialités des relations bilatérales et mutuellement bénéfiques sont largement sous exploitées.
En ce qui concerne le match Sénégal – Pologne, je souhaite que le meilleur gagne, dans l’espoir que le Sénégal sera le meilleur.
Tout de même, cette rencontre Sénégal – Pologne est une vitrine à mettre en exergue pour le renforcement des liens d’amitié entre les deux peuples.

Propos recueillis par Babacar DIONE
et Yakham MBAYE (Le Soleil)